Nous avons admis que nous étions impuissants devant l’alcool, que nous avions perdu la maîtrise de notre vie

Boire par nécessité
  • Boire nous servait à masquer la réalité dont nous étions insatisfaits
  • Boire nous donnait le courage de surmonter nos peurs ou de ne pas les voir
Caractéristiques communes à la plupart des alcooliques
  • Hypersensibilité
    • Tout nous affecte sur le plan émotif
    • Nous sommes affectés plus profondément que les autres
  • Puérilité
    • Si nous sommes souvent capables d’encaisser des coups très durs, ce sont souvent des questions de détail qui nous renversent
  • Ambition démesurée (égocentrisme)
    • Toutes les questions sont ramenées vers soi
    • Crée une tendance à vouloir assumer tous les problèmes de nos proches
    • Se traduit par une grande agressivité (sauveur) ou par un repli sur soi (victime)
  • Sans bas-fond on continue de boire
    • L’alcool nous donne l’illusion qu’il est normal de boire
    • Le bas-fond dissipe l’illusion de normalité
    • Voir la courbe de Jellinek sur le bas-fond (En bas de cette page)
  • C’est la perte de maîtrise de la vie qui fait mal
    • L’alcool prend le contrôle de notre vie
    • C’est l’alcool qui choisit nos amis, notre environnement et nos comportements
    • L’alcool altère le comportement et, nos agissements sont souvent contraire à notre nature profonde (égoïsme, mensonge, procrastination, manquements professionnels, etc…)
    • La différence entre notre idéal de vie et la réalité crée un état de détresse morale permanent
    • Des problèmes de santé peuvent affecter gravement notre qualité de vie
    • C’est un incident culminant (grave ou pas) qui amène à la première Étape : le constat
  • Admission ≠ Aveu
    • L’admission suppose l’acceptation sereine d’un état de fait
    • On peut revenir sur un aveu mais pas sur une admission
  • Impuissance ≠ Être alcoolique
    • Alcoolique : qui abuse de l’alcool ➞ définition usuelle
    • Selon cette définition l’alcoolisme est un défaut qui se corrige par le fait de ne pas boire ou de boire modérément
    • L’impuissance ne laisse aucune échappatoire
    • Seule une aide extérieure à soi peut nous sauver (2ième Étape)

Pour la plupart des gens normaux, boire est synonyme de convivialité, de camaraderie et de rêves heureux et colorés. Prendre un verre libère de l’ennui et des tracas. C’est l’intimité joyeuse avec les amis et la sensation que la vie est belle. Mais il n’en fut pas ainsi dans les derniers jours de notre consommation exagérée. Les plaisirs d’hier s’étaient enfuis. Ils n’étaient plus que souvenirs. Jamais plus n’avons nous pu revivre les moments de joie intense du passé. Nous étions habités par un désir pressant de goûter la vie comme auparavant obsédés par la pensée que, par miracle, nous pourrions retrouver la maîtrise de nous-mêmes et combler ce désir. Mais chaque nouvelle tentative était un échec.
Moins les gens nous toléraient, plus nous nous retirions de la société, de la vie elle-même. À mesure que nous devenions assujettis à Sa Majesté l’alcool […] le brouillard glacial de la solitude s’abattait sur nous, de plus en plus épais, de plus en plus sombre. Certains parmi nous recherchaient les endroits sordides, espérant y trouver la compagnie de gens sympathiques et compréhensifs. Cela durait un temps, puis nous retombions dans l’isolement et devions, dans un affreux retour à la réalité, faire face aux quatre monstres que sont la Terreur, la Confusion, la Frustration et le Désespoir. Les buveurs malheureux qui lisent ces lignes comprendront!
Dans un de ses quelques moments d’abstinence, un gros buveur dira: «L’alcool ne me manque pas du tout. Je me sens mieux; je travaille mieux; je m’amuse davantage.» À titre d’anciens buveurs à problèmes, nous sourions en entendant cette déclaration. Nous savons que notre ami est comme le petit garçon qui siffle dans le noir pour se donner du courage. Il se leurre. Intérieurement, il donnerait n’importe quoi pour être capable de boire une demi-douzaine de verres et s’en tirer indemne. Il s’essaiera bientôt encore à son vieux jeu car il n’est pas heureux dans son abstinence. Il ne peut imaginer la vie sans alcool. Un jour viendra où il sera incapable d’imaginer la vie ni avec, ni sans l’alcool. Alors il connaîtra la solitude comme bien peu de gens la connaissent. Il se trouvera au bord du gouffre. Il souhaitera en finir avec la vie.

Les Alcooliques Anonymes, pp. 170-171

[…] l’alcool n’exclut pas les autres formes de fuite devant les difficultés de la vie: les drogues, les médicaments, le jeu, le ressentiment, le repli sur soi sont autant de réactions négatives aux vicissitudes. Mais tous ces faux -fuyants n’apporteront qu’un soulagement apparent, et tôt ou tard il faudra bien se rendre à l’évidence: la fuite sera devenue plus insupportable que la réalité. Ce sera la limite.

De l’alcoolisme à la paix et à la sérénité p. 9

Nous ne devons jamais accepter aveuglément cette vaine philosophie qui fait de nous les infortunées victimes de notre hérédité, des circonstances de notre vie et de notre milieu, et qui rend ces seuls facteurs responsables de nos décisions. Ce n’est pas là la route de la liberté. Nous devons croire que nous avons la faculté de choisir.

Réflexions de Bill, p. 4